II – La Papesse

Degré deux

Gestation, accumulation, inaction, refoulement d’énergie

Cloîtrée, elle étudie en couvant un œuf ; elle prépare une action, mais ne l’accomplit pas encore. Le danger du degré 2 : pourrir, ne pas entrer dans l’action.

Gestation et accumulation

Elle symbolise la pureté totale, la partie intacte de nous-même. Un puits de purification et de confiance la source de toutes nos potentialités.

Sa tiare a quatre pointes nous montre que sa connaissance se situe au centre des quatre points cardinaux, sa prise de conscience passe par le corps. Son livre la voue à l’étude et à la connaissance. On peut voir sa blancheur comme un signe de rigueur et de frigidité. Elle est cloîtrée, on peut penser à une magicienne ou une initiatrice.

Dans une lecture, on peut y voir un personnage féminin ayant transmis un idéal de pureté ou de froideur. En amour elle est l’union des âmes. Cloîtrée, elle évoque la solitude choisie ou subie. Si elle le couve seule et en faisant preuve d’une grande exigence, il peut sortir de son œuf un Dieu vivant.

« Comprenez que rien n’est à vous, que vous ne possédez pas ce corps, ces désirs, ces émotions, ces pensées. Tout cela est à Lui, à l’Inconnu éternel et infini qui vous habite. Donnez-vous à Lui. Recevez-Le (…) Je ne suis pas indulgente, je suis inflexible. Je ne détiens aucun secret, car je suis vide. Je me donne à Dieu qui est le seul secret. »

Mots-clés 

Foi, connaissance, patience, sanctuaire, fidélité, pureté, solitude, silence, sévérité, matriarcat, rigueur, gestation, virginité, froid, résignation

Interprétations traditionnelles 

Accumulation, préparation, étude, virginité, écriture d’un livre, comptabilité, attente, constance, retraite, femme froide, pardon, actrice apprenant son rôle, nonne, mère sévère, obstination, poids de la religion, isolement, frigidité, personne d’une grande qualité morale, éducation stricte, gestation, besoin de chaleur, idéal de pureté, solitude, silence, méditation, sagesse au féminin, figure charismatique féminine, vierge Marie, Isis, lecture des textes sacrés.

Duos des séries décimales

II La Papesse – XII Le Pendu Gestation et intériorité

Le degré 2 renvoie à une accumulation, à un état de couvaison, de méditation préparant une action future. Avec son livre, La Papesse évoque une accumulation de connaissances, une quête de la sagesse, une introspection érudite qui peut s’exprimer par le langage. Le Pendu, au contraire, se défait de toute connaissance et s’en remet à l’ignorance dans son acceptation la plus haute : le non-savoir sacré. Sa méditation est au-delà des mots. Sans l’énergie du Pendu, La Papesse pourrait pêcher par orgueil et verser dans le dogmatisme, appliquant froidement un texte sacré sans entrer en contact avec son silence intérieur. Sans la rigueur de La Papesse, Le Pendu pourrait tomber dans la paresse, l’inaction, le laisser-aller, une apathie qui se fait illusoirement passer pour une méditation profonde.

Relation de couple

II La Papesse – V Le Pape

La Papesse est une femme de sagesse, elle a quelque chose à enseigner. Elle porte une connaissance. Elle contient un potentiel d’action et, qu’elle en soit , consciente ou non, elle est dans un état de savoir. C’est une femme qui sait. Elle est puissante, capable de se sacrifier et d’initier. Mais, symbolisée par l’œuf qui est à côté d’elle, cette connaissance n’est pas transmise, elle est potentielle, couvée. Pour qu’elle éclose, il faut l’action du Pape. La Papesse est vierge; il y aura toujours quelque chose qui sera dédié au plus pur d’elle-même : sa vie spirituelle. Quelque chose en elle ne sera jamais touché. C’est ce qui fait son charme, son pouvoir et son danger. Son partenaire idéal est Le Pape . Autant La Papesse est Cloîtrée, séparée du monde, autant Le Pape travaille vers les autres, dans un esprit de transmission. Que transmet-il donc? La connaissance que La Papesse tient dans son livre. Le Pape est un médiateur, un pont entre le monde matériel et le monde spirituel. Il communique.

Ordre II – V Si on les met dans cet ordre et pour les raisons que nous venons d’évoquer, La Papesse et Le Pape n’ont pas besoin de se regarder. Ils sont dos à dos. Ils ont déjà dépassé la sexualité, la passion, et sont arrivés à un stade où ils ont donner tout ce qu’ils ont thésaurisé. Elle apporte sa connaissance et il transmet. C’est une compagnie de deux êtres de même valeur. Comme ils sont déjà mûrs, ni l’un ni l’autre n’attend de son partenaire qu’il le réalise. Ils coexistent au même niveau spirituel. Ils ont beaucoup à donner aux autres, poussés par un idéal, quel qu’il soit. Dans cette position, dos à dos, ils sont solides, se complètent, pour d’agir vers le monde.

Les autres couples de La Papesse

Le Bateleur et La Papesse

Ordre II – I Nous trouvons ici une femme enfermée en elle-même qui a transformé son ego en idole. Elle se comporte comme une initiatrice. Le Bateleur obnubilé par elle, la considère comme sa mère plutôt que comme sa femme : il la voit toute-puissante. Son énergie créative se dissout dans la dévotion. Cette symbiose peut durer des années sans que Le Bateleur puisse devenir adulte.

La Papesse et L’Empereur

Ordre II – IIII La Papesse, qui a un niveau de spiritualité élevé et qui couve l’apparition de la Conscience cosmique dans l’humanité, a besoin de l’aide matérielle de l’Empereur. Elle peut ainsi continuer son travail, sa recherche, car à chaque instant elle se sent soutenue et protégée. L’Empereur, quant à lui, voit en elle sa plus haute réalisation. À la base de son trône, l’aigle représente son désir de s’élever vers un idéal sublime. En compagnie de La Papesse, il a trouvé la femme qui réalise la vocation de cet aigle métaphorique, en permettant à l’œuf d’éclore. Dans la symbolique chrétienne, l’œuf représente le berceau d’où naît le Christ sauveur.

La Papesse et Le Chariot

Ordre II – VII Le prince du Chariot a trouvé la femme supérieure devant laquelle il dépose son ardeur et ses désirs de conquête. Il devient chevalier et se met à son service. Dans ce couple, Le Chariot n’est qu’offrande : une proposition d’action qui obéit au commandement de La Papesse si elle a besoin de lui, il agira toujours à son nom à elle. Pour La Papesse, cet homme représente une source d’énergie, une arme à sa disposition, un élan pour agir dans le monde et y disséminer sa connaissance.

La Papesse et L’Hermite

Ordre II – VIIII Le couple que l’on voit ici est d’avantage animé d’une amitié profonde que d’un amour passionné. La sexualité n’a pas d’importance, la sentimentalité non plus. Nous sommes dans une relation d’âme à âme. Si La Papesse assume le monde, L’Hermite est en train de s’éloigner. Cette relation est fondée sur l’impermanence, la connaissance s’y communique et s’y déploie. Elle est recouverte par le voile de son institution, et par conséquent n’est pas libre. Lui est engoncé dans son propre manteau, conservant sa lumière individuelle. La Papesse sait que L’Hermite est son avenir, mais pour elle le moment n’est pas encore venu de le suivre. Cette relation est un long adieu serein.

La Papesse et Le Soleil

Ordre II – XVIIII Voilà le moment pour La Papesse d’arriver à son plus haut niveau de conscience. Elle est la fille du père cosmique qui lui donne la chaleur nécessaire pour couver et faire éclore le Fils parfait, c’est-à-dire disséminer sa doctrine dans le monde. Elle connaît ici l’amour inconditionnel, comme celui de la Vierge Marie pour le Père divin. Elle peut alors perdre sa virginité depuis l’intérieur d’elle-même grâce au contact avec un être face auquel elle se trouve infiniment inférieure que sa rigueur se dissout dans l’obéissance, l’humilité et l’amour. Le Soleil a besoin d’elle car sa parole, sa sagesse active trouvent en elle un canal qui atteint les être humains. Ce pourrait être une sainte qui, obéissant aux enseignements de son Dieu, consacre sa vie à sauver des enfants abandonnés. Cette réunion est d’une grande utilité pour le monde.

Les paires qui font 21 – 11 chemins vers la réalisation

II – La Papesse – XVIIII – Le Soleil

La Papesse vouée à s’accumuler, à étudier à l’intérieur du cloître, reçoit la lumière avec l’Arcane XVIIII, la liberté d’action, la possibilité de transmettre la parole sacrée dans le monde entier. Elle n’est plus seule face à son livre : le Verbe se fait chair et chaleur, l’œuf va pouvoir éclore. Si elle écrit ou joue, Le Soleil est son succès, sa pénétration dans le monde. Pour le dieu Soleil, La Papesse est la chair vierge, la Vierge Marie. L’amour total en nous a besoin d’un espace entièrement vierge pour y semer son germe. La Papesse représente aussi la pratique de la prière, le dialogue avec le Créateur. Dans le paysage baigné de lumière du Soleil, le cloître de La Papesse est une bienfaisante zone d’ombre et de fraîcheur.

Translation d’une série de symboles d’un Arcane à l’autre

I Le Bateleur – II La Papesse – III L’Impératrice

Et leur miroir : VI L’Amoureux

Le Tarot est un langage optique et un langage musical avec des accords entre plusieurs cartes. Le Bateleur aux côté de La Papesse peut fort bien évoquer une personne agissant dans le monde qui prend sa force d’une connaissance secrète. L’œuf qu’elle couve, indique qu’une action se prépare. L’Impératrice c’est un éclatement soudain qui se produit, une explosion de créativité. Si on additionne la valeur numérique des trois cartes, on obtient VI L’Amoureux, ce qui donne le ton de l’accord. Cela nous permet de placer Le Bateleur entre La Papesse et L’Impératrice, à l’image des trois personnages de L’Amoureux. Les pieds du Bateleur comme ceux de L’Amoureux pointent dans deux directions, on peut dire qu’il se place simultanément sur deux chemins divergents. Dans sa main gauche, Le Bateleur tient un bâton magique, symbole d’une créativité extrême. Dans sa main droite, un denier symbolise l’accumulation et la concentration. Quel chemin prendra-t-il? L’Amoureux nous indique qu’il réalisera l’union des deux tendances. À sa droite, une femme coiffée d’une couronne bleue, correspondant à La Papesse. Elle le retient par l’épaule et le bas de son habit, comme pour le contenir, mais en même temps, lui prêtant appui et lui accordant son expérience. À sa gauche, une femme couronnée de fleurs représente L’Impératrice. D’une main, elle indique le cœur de son compagnon, son autre amalgamée avec la sienne pointe vers son ventre comme pour lui dire : «Féconde-moi». De même, L’Impératrice tient dans ses bras un aigle représentant un enfant ou une conscience en gestation. Le sceptre qu’elle appuie sur son ventre bourgeonne d’une petite feuille verte, signe d’une créativité éternellement renouvelée. Les personnages des trois premiers Arcanes sont séparés et trouvent leur union dans L’Amoureux. La pièce de monnaie, le livre et l’aigle, trois degrés de l’œuvre en gestation, sont montés au ciel, créant la conscience divine qui n’est autre que l’amour, exaltation du miracle de toute existence. Dans cette union aimante, on entend l’accord unissant passé, présent et avenir. Cette harmonie est celle de l’union des contraires, ou de concepts apparemment séparés comme : conservation, destruction et création. Le VI nous apprend que la plus haute forme d’amour, est l’amour de la beauté, l’acceptation de l’existence de l’autre.

Ordre II – I – III Le Bateleur tente inutilement de faire communiquer La Papesse et L’Impératrice. Pour que l’union réussisse, nous devons lire Ordre III – I – II.

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