N°. XVIII. LA LUNE

Ainsi la Lune qui marche à la suite du Soleil est aussi accompagnée de larmes d’or & de perles, pour marquer également qu’elle contribue pour sa part aux avantages de la terre.

Pausanias nous apprend dans la Description de la Phocide, que selon les Égyptiens, c’étoient les Larmes d’Isis qui enfloient chaque année les eau du Nil & qui rendoient ainsi fertiles les campagnes d’Égypte. Les relations de ce Pays parlent aussi d’une Goutte ou larme, qui tombe de la Lune au moment où les eaux du Nil doivent grossir.

Au bas de ce tableau, on voit une Écrevisse ou Cancer, soit pour marquer la marche rétrograde de la lune, soit pour indiquer que c’est au moment où le Soleil & la Lune sortent du signe du Cancer qu’arrive l’inondation causée par leurs larmes au lever de la Canicule qu’on voit dans le tableau suivant.

On pourtoit même réunit les deux motifs : n’est-il pas très-ordinaire de se déterminer par une foule de conséquences qui forment une masse qu’on seroit souvent bien embarrassé à démêler ?

Le milieu du tableau est occupé par deux Tours, une à chaque extrémité pour désigner les deux fameuses colonnes d’Hercule, en-deçà & au-delà desquelles ne passent jamais ces deux grands luminaires.

Entre les deux colonnes sont deux Chiens qui semblent aboyer contre la Lune &la garder : idée parfaitement Égyptiennes. Ce peuple unique pour les allégories, comparoît les Tropiques à deux Palais gardés chacun par un chien, qui, semblables à des Portiers fidèles, retenoient ces Astres dans le milieu des Cieux sans permettre qu’ils se glissassent vers l’un ou l’autre Pôle.

Ce ne sont point vision de Commentateurs en us. Clement, lui-même Égyptien, puisqu’il étoit d’Alexandrie, & qui par conséquent devoit en savoir quelque chose nous assure dans ses Tapisseries [Ou Stromates, Liv. V.] que les Égyptiens représentoient les Tropiques sous la figure de deux Chiens, qui, semblables à des Portiers ou à des Gardiens fidèles, empêchoient le Soleil & la Lune de pénétrer plus loin, & d’aller jusqu’aux Pôles.

Court de Gébelin, Antoine. Le Monde primitif analysé et comparé avec le monde moderne

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