V – LE PAPE

L’acte de bénédiction est plus qu’un simple vœux formulé pour autrui, elle est aussi plus qu’une empreinte magique de la pensée et de la volonté personnelle sur autrui – elle est la mise en action de la puissance divine transcendant la pensée et la volonté individuelles de celui qui bénit aussi bien que de celui qui est béni. En d’autres termes, elle est un acte essentiellement sacerdotal.

La prière est un double courant, un montant vers Dieu et la bénédiction qui descend. D’où les deux colonnes et la main levée chez un acolyte, alors que celle de l’autre pointe vers le bas. Les deux colonnes montent également la miséricorde et la rigueur.

La respiration spirituelle a deux composantes. La respiration verticale est l’alternance de la prière et de la bénédiction, elle nous permet une transition en douceur vers la mort. Le correspondant spirituel à la respiration horizontale est l’alternance de l’extraversion et de l’introversion ou de l’attention à la vie extérieure objective et à la vie intérieure subjective. La loi de la respiration horizontale est Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

La triple croix est celle de la respiration spirituelle complète et parfaite

Les trois plans de la respiration horizontale sont :

  • L’amour de la nature

  • L’amour du prochain

  • L’amour des êtres spirituels hiérarchiques

Les trois stades de la respiration verticales sont :

  • La purification par le souffle divin

  • L’illumination par la lumière divine

  • L’union mystique dans le feu divin

Le Pape représente le divin transcendant dans l’humanité. Il est le gardien du seuil, siégeant entre les deux colonnes du jour et de la prière et de la nuit et de la bénédiction. L’Empereur de la 4e lame est le Maître du Jour et le Gardien du Sang ou de la quintessence de la réalité nocturne du jour. Le Pape est le gardien de la respiration ou de la réalité du rapport entre le jour et la nuit. Ce qu’il garde, c’est l’équilibre entre le jour et la nuit, entre l’effort humain et la grâce divine. Son poste se fonde sur des faits cosmiques primordiaux.

Le Pape est l’arcane des vérités idéales, pas des vérités scientifiques. Ainsi le Pape est toujours au milieu d’un conflit entre la vérité idéale et la vérité actuelle, entre la Miséricorde (Hesed) et la vérité (Emeth). Ce conflit-ci est une plaie, la cinquième plaie, la plaie du cœur. Car si l’Empereur a quatre plaies, le Pape en a cinq. Si vous connaissez, cher Ami inconnu, le symbolisme de la Kabbale, vous comprendrez que la plaie dont il s’agit est due à l’opposition entre la quatrième Sephirah, Hesed, la Miséricorde, et la cinquième Sephirah, Gebourah, la Rigueur, de l’Arbre Séphirotique. Et que cette plaie-là a trait à la sixième Sephirah, Tiphereth, Beauté ou Harmonie, qui est la synthèse des deux Sephiroth précédentes.

Cette plaie est celle du Sacré-Cœur. En d’autres termes, le pentagramme comme signe de l’autorité intellectuelle, c’est-à-dire de la personnalité émancipée humaine, est bon lorsqu’il est l’expression de la personnalité dont la volonté est unie et liée à la plénitude de la manifestation de l’Unité, c’est-à-dire de la décade ; et il est mauvais lorsqu’il exprime la volonté de la personnalité séparée cette Unité-là. Ou entre d’autres termes encore le signe est bon lorsqu’il exprime la formule : Fiat voluntuas Tua ; et il est mauvais lorsque la formule de la volonté sous-jacente est : Fiat voluntus mea. Voilà le sens moral et pratique de l’énoncé de Saint-Martin.

Ce n’est que le pentagramme des cinq plaies qui est le signe efficace de la magie personnelle sacrée, tandis que le pentagramme des cinq courants de la volonté personnelle, – et peu importe comment les pointes de ce pentagramme sont tournées -, n’est que le signe efficace pour l’imposition de la volonté personnelle de l’opérant aux êtres plus faibles que lui, il est toujours un acte foncièrement tyrannique.

Un acte magique nécessite des forces dépassant le pouvoir de l’opérant. Ces forces supplémentaires doivent lui être fournies par des forces lui obéissant ou des forces empruntées auxquelles il obéit.

  1. La magie personnelle ou arbitraire, ne servant que les forces inférieures de l’opérant – magie faustienne Fiat voluntas mea

  2. La magie collective l’opérant est rendu plus puissant par la chaîne magique Fiat voluntuas nostra

  3. La magie sacré ou théurgie. L’opérant est seul dans le sens horizontal, mais non dans le sens vertical : au-dessus de lui, des êtres qui lui sont supérieurs agissent avec lui et par lui. Cette espèce de magie présuppose le fait d’être en rapport conscient avec des êtres spirituels supérieurs, c’est-à-dire l’expérience mystique et gnostique précédente Fiat voluntuas TUA.

La magie sacrée n’utilise pas la force de la volonté, mais bien sa pureté. Il faut que les cinq courants ténébreux inhérents à la volonté humaine, c’est-à-dire les désirs d’être grand, de prendre, de tenir, d’avancer et de se maintenir aux dépends d’autrui soient paralysés ou cloués. Les cinq plaies sont donc les cinq vacuités qui en résultent dans les cinq courants de la volonté. Et ces volontés se remplissent de la volonté d’en haut, c’est-à-dire de la volonté absolument pure.

Une plaie est une porte par laquelle le monde extérieur objectif fait irruption à l’intérieur du système du monde intérieur subjectif. Nos sens sont des plaies par lesquelles le monde objectif s’impose à nous, ils sont des organes de perceptions et non d’action.

Les cinq plaies ou courants ténébreux sont liés à des membres d’action. Le désir de prendre ou de s’emparer des choses est en effet cloué à la main droite; de même le désir de garder ou de tenir à la main gauche; il en est de même quant au désir d’avancer et de se maintenir aux dépends d’autrui, qui correspondent respectivement aux pieds droit et gauche. La cinquième plaie est celle du cœur et non celle de la tête, la tête étant du point de vue de la volonté active un instrument ou membre du cœur. Pour arriver aux cinq plaies, il faut pratiquer les trois vœux traditionnels : Obéissance, Pauvreté et Chasteté.

Le vœux d’obéissance est la pratique du silence des désirs, des émotions et de l’imagination personnels en face de la conscience et de la raison; c’est la primauté de l’idéal sur l’apparent, de la nation sur le personnel, de l’humanité sur la nation et de Dieu sur l’humanité.

C’est le contraire de la tyrannie puisque sa racine est l’amour, dont découlent la foi et la confiance. Sa formule universelle est Fiat voluntas tua.

Le vœux de pauvreté, c’est la pratique du vide intérieur qui s’établit en conséquence du silence des désirs, des émotions et de l’imagination personnels afin que l’âme soit capable de recevoir la révélation du verbe, de la vie et de la lumière d’en haut. La pauvreté, c’est la veille et l’attente perpétuelles actives en face des sources éternelles de la créativité; c’est l’âme prête à ce qui est nouveau et inattendu; c’est l’aptitude à apprendre toujours et partout; c’est la «condition sine qua non» à toute illumination, à toute révélation et à toute initiation.

Le vœux de chasteté signifie la mise en pratique de la résolution de vivre selon la loi solaire, sans cupidité et sans indifférence. Car la vertu est ennuyeuse et le vice est dégoûtant. Mais ce qui n’est ni ennuyeux ni dégoûtant, c’est ce qui vient du fond du cœur. Le fond du cœur, c’est l’amour. Le cœur ne vit que lorsqu’il aime. Il est alors pareil au soleil. Et la chasteté est l’état de l’être humain où le cœur, devenu solaire, est le centre de gravité.

L’opération de la magie du pentagramme sacré des cinq plaies consiste donc à transformer l’état naturel en état humain et ce dernier en état divin. La magie sacrée retire les âmes des limbes et du purgatoire pour les conduire au paradis.

Les deux formes du pentagramme ont trait à l’électricité humaine, la seule différence, c’est que dans le cas du pentagramme avec la pointe tournée vers le haut, c’est la volonté de l’intellect qui meut les courants électriques, alors c’est l’intelligence de la volonté qui les meut lorsque les pointes du pentagramme sont tournées vers le bas. Les deux pôles peuvent servir le bien et le mal.

La croix, le pentagramme et l’hexagramme sont des signes et des formules qui opèrent dans l’histoire de l’humanité. La Croix, c’est le vœu et la vertu de l’Obéissance, c’est-à-dire le signe et la formule de la Foi comme respiration horizontale humaine et verticale divine unie ensemble. Le Pentagramme, c’est l’initiative, c’est l’effort et le travail, c’est-à-dire le vœu et la vertu de Pauvreté – ou le signe et la formule de l’Espérance comme l’effet de la présence de la lumière divine ici-bas. L’Hexagramme, c’est le vœu et la vertu de la Chasteté, c’est-à-dire le signe et la fomule de l’Amour comme unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et de la Mère, de la Fille et de la Sainte-Anne..

Or, le poste du Pape dans l’histoire spirituelle de l’humanité est celui de gardien du Pentagramme sacré des cinq plaies, c’est-à-dire de la seule voie légitime du passage de la Croix au Pentagramme et du Pentagramme à l’Hexagramme. La fonction du poste spirituel du Pape est de veiller à ce que ce ne soit qu’une fois la Croix acceptée que le Pentagramme amorce son mouvement ascendant et que ce ne soit qu’une fois accepté le Pentagramme des cinq plaies qu’ai lieu le lever de l’Hexagramme. La mission du poste de Pape est de veiller à ce que l’Obéissance, la Pauvreté et la Chasteté spirituelles – libres et saintes – ne disparaissent pas du monde et qu’il y ait toujours au monde des gens qui les embrassent et les représentent.

Les cinq plaies sont les cinq clefs du Royaume des Cieux.

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