VII – LE CHARIOT

Le Chariot présente un double aspect, il est celui qui a triomphé des trois tentations, mais aussi le danger de la quatrième tentation, celle du victorieux d’agir en son nom propre, en maître et non en serviteur. C’est l’arcane de la maîtrise, tantôt dans le sens de l’achèvement, que dans celui de la tentation. Représente la mise en mouvement dans les 7 états, dans tous les domaines.

Ce qui est en haut comme ce qui est en bas, la renonciation en bas met en mouvement des forces d’accomplissement d’en haut, et le renoncement de ce qui est en haut met en mouvement les forces d’accomplissement d’en bas.

La récompense est l’action que l’on met en mouvement en haut par renonciation aux désirs des choses d’en bas. Correspondance du Oui d’en haut avec le Non d’en bas, est une base de la réalisation magique et une loi fondamentale de l’ésotérisme. Ce n’est pas le désir, mais la renonciation au désir qui porte la réalisation magique. Le véritable entraînement magique est la pratique des trois vœux.

Les anges se meuvent verticalement. S’approcher pour un ange signifie changer de respiration; s’il ne peut s’approcher, cela signifie qu’il ne peut respirer dans la sphère où il veut entrer.

Les effets de la renonciation aux 3 tentations par Jésus dans le désert fut la maîtrise des 4 éléments, les 7 miracles types et la révélation des 7 aspects de la Maîtrise ou de la Gloire.

3 Biens prévalant sur 3 Maux donnent 7 Biens

3 Maux prévalant sur 3 Biens donnent 3 Maux.

Le Surhomme a pour certains plus d’attraits que le Fils de l’Homme et qu’il leur promet une carrière de puissance croissante, tandis que le Fils de l’Homme n’offre qu’une carrière de laveur de pieds…

Quoiqu’il en soit, le Triomphateur de l’Arcane «Le Chariot» est le triomphateur des épreuves, c’est-à-dire des tentations, et s’il est Maître, il l’est de soi-même. Il est seul debout dans son char ; personne n’est présent pour l’applaudir ni pour lui rendre hommage ; il n’a pas d’armes, le sceptre qu’il tient n’étant pas une arme. S’il est maître, sa maîtrise fut acquise dans la solitude et il la doit aux épreuves seules, et non à quoi que ce soit et à qui que ce soit de l’extérieur.

La gloire intrinsèque ne dépend pas des jugements, le danger est une mégalomanie mystique où l’on divinise le centre régulateur de son Ego, devenant aveugle au divin. Problème d’identification du Moi avec le Soi et du Soi avec Dieu.

Pour Jung, le processus d’individualisation est la naissance graduelle d’un autre moi. Le Soi. La voie de l’Initiation et le processus d’individualisation qui y correspond amène le danger d’une inflation, une conscience du Moi gonflée à outrance :

  1. Importance exagérée accordée à soi-même – tâche pratique pour le travail sur soi-même ;

  2. Complexe de supériorité à tendance obsessionnelle – épreuve sérieuse

  3. Mégalomanie – catastrophe.

Le processus de l’individualisation est l’harmonisation de la conscience du moi et de l’inconscient de la psyché par un recentrage de la personnalité, où l’inconscient est toujours en train de se transformer en conscience.

La collaboration entre le conscient et l’inconscient se fait dans le domaine des symboles-forces, des archétypes, mais il y a danger d’identification de la conscience avec l’archétype qui peut conduire à l’épiphanie du héros.

L’inflation, le complexe de supériorité et la mégalomanie sont les principaux dangers qui guettent ceux qui s’intéressent à l’occultisme. La mégalomanie spirituelle est vieille comme le monde remontant à la déchéance de Lucifer. Le seul remède contre les illusions mégalomaniaques sont Ora et Labora, l’adoration et le travail.

Car quiconque sait élever sa prière et sa méditation au niveau de l’adoration pure, sera toujours conscient de la distance qui sépare (et unit en même temps) l’adorateur et l’adoré. Il ne sera donc pas tenté de s’adorer lui-même, ce qui est en dernière analyse la racine de la mégalomanie. Il aura toujours en vue la différence entre lui et l’adoré. Il ne confondra pas ce qu’il est avec ce qu’est l’être adoré. D’autre part, celui qui travaille, c’est-à-dire qui prend part à l’effort humain tendu vers des résultats objectifs et vérifiables, ne viendra pas aisément à s’illusionner quant à ce qu’il peut.

Mais il faut aussi avoir l’expérience de la rencontre concrète avec un être supérieur. Le dernier et vrai critère de la réalité des expériences dites visionnaires est l’effet moral sur le voyant qu’elles rendent humble ou prétentieux.

Car l’humilité – tout comme la charité – n’est pas une qualité naturelle de la nature humaine. Son origine ne peut point être trouvée dans le domaine de l’évolution naturelle ; il n’est pas possible de la concevoir comme fruit de la lutte pour l’existence, de la sélection naturelle et de la survivance du plus fort aux dépends du plus faible. Car l’école de la lutte pour l’existence, ne produit pas des humbles, elle ne produit que de lutteurs, des guerriers de toute espèce. C’est donc une qualité qui doit être due à l’action de la Grâce ; elle doit être un don d’en haut. Or les rencontres concrètes de face à face, dont il est question ici, sont toujours et sans exception des événements, dus à la Grâce, étant des rencontres où l’être supérieur s’approche à son propre gré de l’être inférieur.

Toutes les lames du Tarot sont à la fois des avertissements et des buts à atteindre. Le Chariot nous avertit du danger de la mégalomanie et nous conduit au Triomphe du Vrai par le Soi, ce qui est la réussite du processus d’individuation ou la réussite de l’œuvre de liberté véritable. Fruit de Katharis – purification, qui prélude au photismos – illumination, suivi de la Henôsis – union, selon la tradition initiatique occidentale.

Lame VII représente à la fois un mégalomaniaque et un homme intègre. Ce dernier a vaincu les 4 Tentations, c’est-à-dire les trois tentations du désert décrites dans l’Évangile ainsi que la tentation de la Hybris, qui les synthétise et qui est placée au centre du triangle des tentations. Il est maître des quatre éléments qui composent les véhicule de son être : Air, Feu, Terre et Eau

Il est Maître des 4 éléments dans le domaine…

  • Pensée : un être créatif dans la pensée claire, fluide et précise

  • Sentiment : cœur chaleureux, large et fidèle

  • Volonté : ardeur (homme de désir), ampleur, souplesse et stabilité ou intensité, largeur, adaptabilité et fermeté.

Il représente, sous toutes ses formes, les 4 vertus cardinales : La Force – La Tempérance – La Prudence – La Justice. Les 4 éléments du Nom sacré. Les 4 colonnes soutenant son dais sont les 4 éléments dans leur sens vertical.

3 formes d’expérience mystique

  1. Union avec la nature, oblitérer la différenciation entre la vie psychique individuelle et la nature environnante. Ivresse

  2. Union avec le Soi transcendant humain. Consiste en la séparation du moi ordinaire empirique d’un moi supérieur qui est au dessus de tout ce qui se meut et de tout ce qui appartient au domaine de l’espace et du temps. Le moi supérieur est donc expérimenté comme immortel et libre. Dégrisement progressif menant à la sobriété complète

  3. Union avec Dieu dans l’Amour qui implique la dualité substantielle en accord essentiel. Synthèse de l’ivresse de la mystique de la nature et de la sobriété mystique du moi supérieur. La vision béatifique implique la rencontre face à face de l’âme et de Dieu dans l’amour. Cette expérience est d’autant plus élevée que la différenciation est complète et que l’union est parfaite.

La cuirasse, le dais et la couronne sont les trois symboles de la mesure salutaire dans les domaines de la mystique de la nature, humaine et divine. Il ne se perd pas dans la nature, il ne perd pas Dieu dans l’expérience de son Moi supérieur et qu’il ne perd pas le monde dans l’amour de Dieu.

C’est le véritable adepte de l’Hermétisme, il se tient debout sur son char dirigeant par son sceptre les forces motrices des colonnes de Boas et Jakin. Sa maîtrise n’est pas celle de l’asservissement de l’inférieur par le supérieur, mais l’alliance du surconscient, du conscient et du sousconscient ou instinctif. C’est l’idéal hermétique de la paix dans le microcosme, le prototype de la paix dans l’humanité divisée en race, nations, classes et croyances.

Cette paix est l’équilibre ou la justice qui assigne sa juste place à chaque force particulière du microcosme dans la vie l’organisme entier psychique et physique.

Le triomphateur est le convalescent, c’est-à-dire, qu’il a triomphé de la maladie ou du déséquilibre spirituel, psychique et physique. Il est, en outre, le juste ou celui qui a triomphé des quatre tentations en restant fidèle aux trois vœux sacrés ainsi qu’à leur racine et leur synthèse : l’humilité. Il est l’homme libre ou maître. Il est libre de l’influence des planètes. Il est maître des archétypes, de l’ombre, de la personna, de l’animus, de l’anima, du sage vieillard ou…

Il est Maître du corps astral et des sept forces qui le composent en les équilibrant.

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